La Féline donne Top félin

Un top que j’avais concocté pour le magazine en ligne Rue Serge Gainsbourg.
Je l’aimais bien, le revoilà.
« Outdoor Miner » de Wire sur l’album Chairs Missing (1978). Cette période de Wire, pour moi, c’est le modèle absolu de concision et d’énergie. Le texte de ce morceau est très cryptique. Pas étonnant qu’on y parle de Léopard. « No blind spots in the leopard’s eyes » chante Colin Newman : c’est la vue perçante du félin, sa puissance extra-lucide. Ça me rappelle une nouvelle de Borges où un homme veut déchiffrer l’écriture du dieu sur le pelage d’un jaguar. Le jour où il y arrive, il oublie qu’il voulait la traduire. Il comprend (l’incompréhensible) et ça lui suffit.
« Les Jours du Jaguar » de Jean-Louis Murat sur l’album Lilith (2003). J’adore cette chanson pour son bestiaire et sa grosse batterie qui crawle dans la saturation de la guitare. Ça donne le genre de folk crade et mystique à la fois dont Murat a le secret. Il y est question d’oies, de coq, de faisan multicolore et d’un bébé féroce. Les jours du jaguar sont faits de tourment et de désespoir, c’est ceux d’un jaguar déchu, « tout juste bon à garder des oies», comme un chien de ferme quoi!
« Taming the Tiger », de Joni Mitchell, sur l’album du même nom (1998), un long chant planant sur la puissance et l’impuissance avec la voix vieillie de Joni Mitchell. Elle y cite le poème magnifique de William Blake « The Tyger » (1794), « burning bright » avec sa « fearfull symetry ».
L’album des StranglersFeline (1982), c’est un peu à lui que je dois mon nom, couplé avec La Folie, si je puis dire. Il y a braucoup de grandee chansons sur ce disque, « Midnight Summer Dream», « Paradise », « Blue sister », « Never say goodbye »… Et j’adore sa production : un équilibre très subtil entre cette écriture au fond assez pop, cette guitare aux arpèges hispanisants, voire arabisants, les textures synthétiques et la voix arrogante et mâle d’Hugh Cornwell. Il fallait bien une panthère noire pour tenir avec grâce cet équilibre là.
« Ocelot rising » de Lost Sounds, groupe d’Alicja Trout et du regretté Jay Reatard sur l’album Black Wave (2001). Je ne suis pas sûre de comprendre tout ce que ça raconte, mais je vois bien l’ocelot qui monte : une super chanson.
En bonus : Ce générique par le grand Saul Bauss pour le film Walk on the Wild Side (1962) d’Edward Dmytryk, avec la musique toute en percussion et cuivres d’Elmer Bernstein. L’idée est très simple, mais géniale : chat noir, chat blanc, en noir et blanc, apparition, disparitition, tuyau de gouttière, art de l’éclipse et instantanés graphiques, familarité et danger. C’est irrésistible, non?

RueSergeGainsbourg

Non : La Souterraine n’est pas qu’une ville de la Creuse. C’est aussi un comité de salut public pour tout mélomane en quête de nouveaux frissons – français, les nouveaux frissons. De compilations en téléchargement gratuit en concerts, cette petite entreprise organise ces jours-ci son premier Festival Souterraine International, événement itinérant qui passe par Clermont-Ferrand. Ce samedi 16 janvier, au Baraka, Agnès Gayraud, alias La Féline, viendra égrener ses délicieuses ritournelles pop électrorganiques. L’occasion était trop belle pour ne pas demander à celle qui a dit Adieu À L’Enfance son Top 5 de chansons félines. 

 Wire – Outdoor Miner  (sur l’album Chairs Missing – 1978). Cette période de Wire, pour moi, c’est le modèle absolu de concision et d’énergie. Le texte de ce morceau est très cryptique. Pas étonnant qu’on y parle de Léopard. “No blind spots in the leopard’s eyes” chante Colin Newman : c’est…

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